{"id":365,"date":"2026-05-25T20:54:17","date_gmt":"2026-05-25T20:54:17","guid":{"rendered":"https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/?p=365"},"modified":"2026-05-25T20:54:17","modified_gmt":"2026-05-25T20:54:17","slug":"evangelion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/?p=365","title":{"rendered":"Evangelion"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Evangelion, Les \u00c9ditions du Cerf, 2025, 569 pages, 49\u20ac.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text is-stacked-on-mobile\"><figure  class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"572\" height=\"800\" alt=\"Evangelion\" src=\"https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/evangelion.webp\" class=\"wp-image-380 size-full\" srcset=\"https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/evangelion.webp 572w, https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/evangelion-215x300.webp 215w\" sizes=\"auto, (max-width: 572px) 100vw, 572px\" \/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec <em>Evangelion. Les quatre \u00c9vangiles et les Psaumes<\/em>, les \u00c9ditions du Cerf inaugurent un chantier d\u2019ampleur : la r\u00e9vision de la Bible de J\u00e9rusalem, dont cette publication constitue \u00e0 la fois l\u2019avant-go\u00fbt et le manifeste. L\u2019entreprise n\u2019est pas anodine. H\u00e9riti\u00e8re d\u2019\u00e9ditions qui ont marqu\u00e9 durablement le paysage biblique francophone (1956, 1973, 1998), cette nouvelle version entend assumer une double fid\u00e9lit\u00e9 : \u00e0 la tradition re\u00e7ue et aux exigences renouvel\u00e9es de la recherche contemporaine.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sous la direction de R\u00e9gis Burnet et Matthieu Richelle, le projet se d\u00e9ploie selon une ligne claire Il ne s\u2019agit pas de rompre avec l\u2019h\u00e9ritage, mais de le faire fructifier. La traduction conserve ainsi la clart\u00e9 et la rigueur qui ont fait la r\u00e9putation de la Bible de J\u00e9rusalem, tout en int\u00e9grant les acquis de la philologie, de l\u2019arch\u00e9ologie et de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se des derni\u00e8res d\u00e9cennies. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le souci est manifeste : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">rendre accessibles au grand public cultiv\u00e9  des avanc\u00e9es scientifiques souvent r\u00e9serv\u00e9es au monde acad\u00e9mique, sans sacrifier la qualit\u00e9 litt\u00e9raire du texte.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce point m\u00e9rite d\u2019\u00eatre soulign\u00e9. Car l\u2019un des enjeux majeurs de cette nouvelle \u00e9dition r\u00e9side dans l\u2019\u00e9quilibre entre exactitude et lisibilit\u00e9. Les traducteurs en sont conscients : traduire, c\u2019est toujours interpr\u00e9ter. \u00c0 cet \u00e9gard, leur r\u00e9flexion sur le terme grec <em>ioudaios<\/em>, rendu tant\u00f4t par \u00ab juif \u00bb, tant\u00f4t par \u00ab jud\u00e9en \u00bb selon les contextes, manifeste une attention fine \u00e0 l\u2019ancrage historique du texte. Elle traduit aussi une vigilance th\u00e9ologique : \u00e9viter toute lecture qui pourrait alimenter une opposition simpliste entre juda\u00efsme et christianisme.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ouvrage entend se tenir \u00e0 distance de toute tentation \u00ab substitutionniste \u00bb pour proposer une Bible v\u00e9ritablement \u00ab catholique \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire universelle.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce choix rejoint une orientation plus large : restituer au texte biblique son enracinement dans le juda\u00efsme. Loin d\u2019une lecture surplombante ou syst\u00e9matisante, les auteurs privil\u00e9gient une approche \u00ab livre par livre \u00bb, attentive aux contextes propres et aux dynamiques internes. Ce d\u00e9placement n\u2019est pas seulement m\u00e9thodologique ; il engage une certaine mani\u00e8re de lire l\u2019\u00c9criture, plus respectueuse de sa diversit\u00e9 et de son historicit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans cette perspective, les annotations occupent une place significative, bien que discr\u00e8te. Elles se veulent \u00e0 la fois rigoureuses et accessibles, \u00e9clairant la structure des psaumes, leurs usages liturgiques, ou encore leur r\u00e9ception dans les traditions juive et chr\u00e9tienne. Loin des vastes synth\u00e8ses th\u00e9ologiques qui caract\u00e9risaient parfois les \u00e9ditions ant\u00e9rieures, elles privil\u00e9gient une intelligence locale du texte, plus conforme aux pratiques actuelles de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se. Le lecteur est ainsi accompagn\u00e9 sans \u00eatre enferm\u00e9 dans une interpr\u00e9tation unique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais <em>Evangelion<\/em> ne se r\u00e9duit pas \u00e0 un travail de traduction et de commentaire. L\u2019ouvrage frappe aussi par son ambition esth\u00e9tique. Con\u00e7u comme un \u00ab beau livre \u00bb, il fait dialoguer le texte biblique avec un riche ensemble iconographique issu de traditions vari\u00e9es \u2014 occidentales et orientales, latines, arm\u00e9niennes, syriaques ou \u00e9thiopiennes. Ce choix, voulu notamment par Jean-Fran\u00e7ois Colosimo, inscrit l\u2019\u00c9criture dans une histoire vivante de la r\u00e9ception artistique. Il rappelle que la Bible n\u2019est pas seulement un texte \u00e0 lire, mais une parole \u00e0 contempler.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce parti pris pourrait surprendre, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 la lecture num\u00e9rique tend \u00e0 s\u2019imposer. Il r\u00e9pond pourtant \u00e0 une intuition profonde : la Parole engage l\u2019ensemble de l\u2019\u00eatre. En redonnant au livre une mat\u00e9rialit\u00e9 soign\u00e9e, en sollicitant le regard autant que l\u2019intelligence, <em>Evangelion<\/em> invite \u00e0 une lecture plus lente, plus habit\u00e9e, qui n\u2019est pas sans analogie avec l\u2019exp\u00e9rience liturgique.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ouvrage se situe ainsi \u00e0 mi-chemin entre la Bible d\u2019\u00e9tude et le livre de m\u00e9ditation, comme un lieu de passage o\u00f9 la rigueur scientifique se met au service d\u2019une appropriation personnelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au terme de cette lecture, <em>Evangelion<\/em> appara\u00eet comme un objet \u00e9ditorial profond\u00e9ment coh\u00e9rent. En articulant exigence acad\u00e9mique, souci pastoral et ambition esth\u00e9tique, il t\u00e9moigne d\u2019une conviction : la transmission de l\u2019\u00c9criture ne peut se r\u00e9duire ni \u00e0 la seule \u00e9rudition, ni \u00e0 la seule d\u00e9votion. Elle suppose une m\u00e9diation ajust\u00e9e, capable de rejoindre les lecteurs d\u2019aujourd\u2019hui sans trahir la profondeur du texte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En ce sens, ce premier volume ne vaut pas seulement pour lui-m\u00eame. Il annonce une \u0153uvre plus vaste, encore en devenir. Mais il en donne d\u00e9j\u00e0 la tonalit\u00e9 : celle d\u2019une fid\u00e9lit\u00e9 cr\u00e9ative, attentive \u00e0 faire r\u00e9sonner \u00e0 nouveaux frais une parole ancienne. Et c\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0, en d\u00e9finitive, que r\u00e9side sa v\u00e9ritable r\u00e9ussite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.editionsducerf.fr\/librairie\/evangelion\/\">https:\/\/www.editionsducerf.fr\/librairie\/evangelion\/<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Evangelion, Les \u00c9ditions du Cerf, 2025, 569 pages, 49\u20ac.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":380,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[96,183,170,184],"class_list":["post-365","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-editions-du-cerf","tag-bible","tag-bible-de-jerusalem","tag-bible-illustree","tag-jerusalem"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/365","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=365"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/365\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":381,"href":"https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/365\/revisions\/381"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/380"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=365"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=365"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/xn--lectures-chrtiennes-mzb.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=365"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}